lundi 6 avril 2015

Une photo, quelques mots (8)

De retour avec l'atelier de Leiloona. Le principe, une photo qui est la base de notre texte de la semaine. Pas de thème imposé, pas de contrainte stylistique.
Voici la photo de la semaine prise par Leiloona:

CASSANDRE: EPISODE 6

Les épisodes précédents:


Nous courons encore quelques mètres puis l'homme m'entraîne vers une porte cochère. Il tape un code rapidement puis m'entraîne dans le hall d'entrée. Une rangée de boîtes aux lettres se présente  à nous. Il continue à m'entraîner et nous grimpons les escaliers au pas de course pour finalement finir dans un appartement. Sans m'adresser la parole, l'homme me lâche la main sitôt la porte passée et verrouillée. Il m'abandonne ainsi dans une grande pièce au décor sommaire. Le strict minimum remplit la pièce. Un canapé gris, une table basse, une télé, une table et quatre chaises. Des rideaux épais encadrent les fenêtres et des dizaines de photos sont accrochées au mur. J'entends l'homme qui se déplace dans mon dos mais ne m'en inquiète pas. Sans savoir pourquoi, j'ai confiance en lui et ici je me sens en sécurité. Mon regard tombe sur une photo en noir et blanc. Je reconnais les lieux de suite. Cette grande roue, cette statue qui surplombe les gens. Des souvenirs heureux me reviennent, les premiers depuis mon réveil. Moi posant sous la statue en l'imitant. Moi dans la grande roue entrain de rire les joues rongées par le froid de l'hiver. Un sentiment de plénitude m'envahit. Puis je me souviens de celui qui m'accompagnait dans ces moments, cet homme qui me serrait dans ses bras alors qu'assise dans la nacelle je grelottais et poussais de petits cris d'excitation.
"C'est là où nous nous sommes rencontrés".
Je me retourne et observe l'homme silencieusement, attendant qu'il m'en dise plus.
" Je ne sais pas si tu te souviens... Nous avons tellement de mal à nous souvenir... Parfois, cela revient comme un flash, parfois une photo suffit à réveiller notre mémoire.
Tout en me parlant, il me sert une tasse de café. Je m'assois à table et l'observe. Il me sourit l'air gêné.
- Tu ne sembles pas te souvenir de moi en tout cas... Je m'appelle Lucas. Nous nous connaissons depuis longtemps... Depuis plus longtemps que ce que tu ne peux imaginer...
- Combien de temps?
- A peu près 75 ans... Il dit ça d'une voix sourde.
C'est impossible... Je dois avoir à peine 30 ans, je ne peux pas le connaître depuis 75 ans... J'ai à peine le temps de digérer et analyser l'information qu'un autre homme entre en trombe dans l'appartement.
" Lucas! Agnès est morte!" Il hurle cette nouvelle puis son regard se pose sur moi. Il se fige: "Cassandre..." Sa voix qui avait transpercé le silence semble maintenant un murmure.
Lucas dit alors:
"Cassandre, je te présente Nathan."
Tout d'un coup, l'évidence me frappe, Lucas, Nathan, Agnès et Cassandre, ces noms étaient gravés sur l'arbre à côté du banc où je me suis réveillée. Je regarde les deux hommes devant moi. Nathan se tourne vers Lucas et dit:
"Maintenant on est vraiment dans la merde!"


N'hésitez pas à aller lire les autres textes dont les liens se trouvent sur le blog Bric à Book.


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3 commentaires:

Sabine Ariscon a dit…

Il va falloir que je repasse lire l'ensemble , j'ai du mal à me repérer dans les épisodes. Belle plume cela dit.

http://cleoballatore.wordpress.com/ a dit…

Une histoire de vampire peut-être. J'aime bien l'ambiance. Je reviendrai pour lire les épisodes précédents.

camoccupe a dit…

Quel suspens à la fin ! Vivement le prochain épisode !