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vendredi 19 juin 2015

La Terre d'Emile Zola

La Terre d'Emile Zola, Livre de Poche

Ce que j'en pense: Suite de la série des Rougon- Macquart que je me suis jurée de lire en entier.
Dans cet opus, nous découvrons une famille qui se déchire autour d'arpents de terre. Jalousies, vengeances, ruses et autres rebondissements jalonnent donc ce roman. On pourrait penser que les romans de Zola manque d'actions, mais personnellement, j'ai trouvé ce tome pleins de rythme. Je ne me suis ennuyée à aucun moment et cela a été un vrai plaisir de lire ce livre.
Comme dans tous les Zola, les personnages sont très nombreux mais l'histoire se focalise finalement sur un personnage charismatique, ici, Françoise. Néanmoins, chaque personnage est très détaillé tant physiquement que moralement et ceux dans la grande tradition du naturalisme. Françoise qui est donc le personnage central a un réel charisme et emplit entièrement tout le roman. Elle subit sa famille et est une vraie héroïne.
Le style d'Emile Zola est fidèle à lui même. J'ai trouvé les descriptions magnifiques et l'écriture sublime comme dans tous les romans de l'auteur d'ailleurs. Petite spécificité du recueil, le langage est très fleuri pour coller le plus possible à la société paysanne de l'époque.
Bref: J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce roman classique.


samedi 26 juillet 2014

L'Oeuvre d'Emile Zola

L'Oeuvre d'Emile Zola, Livre de Poche, 535 pages

La quatrième de couverture:Dans aucun autre roman Zola n'a mis autant de lui-même que dans L'Oeuvre. Zola, le critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l'art officiel, de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l'écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense ». Zola, l'homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l'insatisfaction permanente et l'angoisse de déchoir d'un peintre génial et d'un romancier travailleur. Roman de la passion de l'art au détriment de la vie et de l'amour, L'Oeuvre met en scène à la fois l'enthousiasme d'une révolution artistique et le drame éternel de l'artiste aux prises avec la création. 

Ce que j'en pense: Avec L'Oeuvre je poursuis ma découverte de la série Rougon- Macquart. Ici Emile Zola met en scène Claude Lantier, le fils de Gervaise. Celui- ci veut devenir peintre à tout prix.
Vous l'aurez compris, dans cet opus, l'auteur s'attache à la question de l'esthétisme. Pour cela il utilise plusieurs personnages d'artistes qui débattent tout au long du livre autour de ce thème.
Claude, le personnage principal est un peintre obsédé par le plein air. Il n'a de cesse de peindre des femmes nues et des paysages. Jamais satisfait de son travail, il se perd dans sa recherche de beauté allant jusqu'à la folie. L'intrigue n'est pas pleine de rebondissements mais elle suit tranquillement son cours sans pour autant créer de l'ennui.
Sa femme Christine, incarne le point de vue féminin du livre. Elle ne comprend pas grand chose à l'art mais incarne dans le roman le personnage de la femme aimante qui sacrifie tout pour son homme.
Sandoz est l'ami d'enfance de Claude. Son ambition de devenir écrivain lui fait tenir des propos très intéressant à propos de l'écriture. Il parle notamment du réalisme recherché dans l'écriture. Ce personnage a d'ailleurs pour ambition d'écrire une série de roman sur une famille:"Je vais prendre une famille, et j'en étudierai les membres, un à un, d'où ils viennent, où ils vont, comment ils réagissent les uns sur les autres; enfin, une humanité en petit, la façon dont l'humanité pousse et se comporte." (page 250). Cela ne vous rappelle rien? Sandoz, c'est Emile Zola. L'auteur a travers ce personnage exprime sa propre opinion et s'incarne lui- même.
Au-delà de cela, de nombreuses références à des peintres sont faites. Nous découvrons donc au détour d'une page Courbet ou Delacroix. Zola pose également la question de la lumière et du réalisme dans la peinture ce qui n'est pas sans rappeler la problématique des impressionnistes  
J'ai apprécié le récit de Zola même si il marque franchement la différence avec les quelques romans précédents qui versaient plus vers du romantisme. Ici, on retombe dans du naturalisme pur et dur où le texte monte en puissance au fur et à mesure atteignant son climax à la fin avec un passage des plus émouvant. Ce qui est tragique dans ce livre c'est que dès les premières pages on a le sentiment que cela va mal finir. Le lecteur se retrouve donc spectateur de cette lente déchéance que nous décrit l'auteur avec brio.
Ce que j'apprécie aussi avec Emile Zola c'est que son texte fait encore écho de nos jours (voir photo Instagram qui suit l'article). C'est triste de voir que rien n'a changé depuis le temps. Finalement si Zola revenait, il ne serait pas tant dépaysé.
Bref: Un bon roman qui renoue avec du naturalisme pur et dur.


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lundi 19 mai 2014

La Joie de Vivre d'Emile Zola

La Joie de Vivre d'Emile Zola

La quatrième de couverture: Près d'Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père. Sa présence est d'abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l'enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l'oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l'héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer.

Ce que j'en pense: La Joie de Vivre est le douzième opus de la série des Rougon- Macquart que je lis de bout en bout et dans l'ordre!
Ce livre dépeint la vie calme d'une famille d'Arromanches. De prime abord et comme à chaque fois dans les romans de Zola, l'intrigue est basée sur des faits simples. Cela n'empêche pas de faire de ce roman un petit bijou de littérature. L'histoire n'est pas très travaillée et le roman ne fourmille pas de rebondissements mais c'est pourtant très agréable à lire.
Les personnages sont très travaillés comme chaque fois chez Zola. Pauline l'héroïne est unevéritable bijou de personnage. Caractéristique du personnage romantique, elle incarne la bonté dans ce roman. En constante recherche du bonheur mais aussi en lutte avec ses instincts primaires, Pauline est un personnage plein de dualité et très travaillé par Zola.
Lazare est un peu le bouc émissaire de Zola dans ce roman. En effet, ce personnage incarne tous les vices et défauts que peut contenir un personnage. Totalement en opposition avec Pauline, c'est deux personnages sont construits par l'auteur de façon diamétralement contraire.
Le style de l'auteur est fidèle à lui même. Un véritable régal pour le lecteur, ce roman se trouve dans la lignée du Bonheur des Dames et d'Une page d'amour que j'ai tant aimé dans la série Rougon- Macquart. Bien que plus romantique et beaucoup moins cru que certains romans de la série tels que Le Ventre de Paris, Zola nous réserve de beau passage de naturalisme. Je reste très marquée par un passage en particulier: celui de l'accouchement de Louise. J'ai été à la fois écoeurée par la scène et fascinée par le génie littéraire de ce passage. Du grand Zola!
En bref: Un autre petit bijou dont je vous conseille la lecture.

mercredi 2 octobre 2013

Pot Bouille d'Emile Zola

Pot Bouille d'Emile Zola, Livre de Poche, page 507

La quatrième de couverture: Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère, comme le plaisir, saute aux yeux. Chez les seconds, tout est caché. Ils clament: "Nous sommes l'honneur, la morale, la famille." Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot- bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
Octave Mouret, le futur patron qui révolutionnera le commerce en créant " Au bonheur des Dames", arrive de province, et loue une chambre dans un immeuble de la rue de Choiseul. beau et enjoué, il séduit une femme par étage, découvrant ainsi les secrets de chaque famille.

Ce que j'en pense: Dixième opus de la série des Rougon Macquart d'Emile Zola, Pot Bouille nous présente la face cachée d'un immeuble bourgeois parisien. derrière la riche façade, se cache les bonnes, les maîtresses aux multiples amants, les hommes de pouvoir.... Au milieu de ce monde, arrive Octave Mouret, jeune campagnard plein d'ambition désirant multiplier les aventures. L'intrigue de ce roman est essentiellement amoureuse. Bien menée, elle déroule les diverses frasques des personnages. Bien que seulement basé sur les sentiments des différents protagonistes, ce livre reste vraiment accrocheur.
Les personnages sont multiples, en dépeindre un portrait serait vain. Les protagonistes sont à la fois bourgeois et pauvres, beau et laid mais tous ont la même ambition: réussir.
Comme chaque fois, la force de l'oeuvre de Zola est son réalisme, son écriture dynamique et étudiée. Un vrai régal. Je ne vais pas vous refaire tout le pitch sur le naturalisme, je pense que vous l'avez assez entendu de ma part. 
J'apprécie toujours autant l'auteur et j'ai particulièrement apprécié cet opus que je mettrai à peu près au même niveau que Au Bonheur des Dames, le livre que je préfère dans la série.
En bref: Une petite merveille.

vendredi 9 août 2013

Son Excellence Eugène Rougon d'Emile Zola

Son Excellence Eugène Rougon d'Emile Zola, Livre de Poche, 442 pages

La quatrième de couverture: En 1856, Eugène Rougon, un ancien avocat qui a contribué à faire l'Empire et que l'Empire a fait, se sentant proche de sa disgrâce, préfère démissionner de la présidence du Conseil d'Etat. Mais ses amis ont besoin de lui, et sa chute les embarrasse. Ils s'inquiètent de le voir tromper son ennui par un projet de défrichement des Landes qui le conduirait à une sorte d'exil, et parmi tous ceux qui travaillent à son retour en grâce la plus active est la troublante Clorinde qu'il a refusé d'épouser.

Ce que j'en pense: Je continue ma conquête de la série Rougon Macquart écrite par Emile Zola. Ici, nous découvrons l'envers de la politique du Second Empire. Zola nous dévoile un milieu bourgeois où les moindres coups bas sont permis.
Contrairement aux précédents romans de la série, celui- ci possède une intrigue aux multiples rebondissements. Mis à part le contexte historique, nous pourrions croire que tous ces protagonistes et cette histoire ont lieu durant notre siècle. L'intrigue est donc intemporelle, mêlant intrigue de cœur et intrigue politique. Zola nous signe ici un brillant portrait du pouvoir de l'époque et sa façon bien à lui de fonctionner. Outre cela, c'est une véritable fresque historique qui se dévoile aux lecteurs. les détails politiques enrichissent cette oeuvre déjà bien pourvue.
Dans ce roman, le personnage principal est Eugène Rougon. Venu de son Plassans natal pour conquérir Paris, nous suivons ce personnage bourgeois bien en chair. Facilement manipulable, il n'aura de cesse de vouloir combler ses amis et conquérir Clorindre une jeune Italienne au caractère bien trempé.
Clorindre a également un rôle majeur dans ce roman. c'est le deuxième pivot de ce livre. D'un naturel sournois et manipulateur, cette jeune femme n'aura de cesse de jouer de ses charmes afin d'obtenir tout ce qu'elle désire. Entre Eugène et elle, c'est une guerre silencieuse qui se mène. Peu à peu, leur relation évolue devenant l'élément central du roman, atteignant son apogée vers la fin du livre.
Comme à son habitude, Emile Zola nous gâte avec de délicieuses descriptions. Chaque personnage est travaillé avec précision et c'est un véritable travail de langage et de style qui est offert aux lecteurs. Toujours fidèle à son courant naturaliste, Zola s'applique à nous décrire le moindre détail, rendant vivant la moindre scène de son roman.
En bref: Un petit bijou de littérature à ne manquer sous aucun prétexte.

vendredi 8 février 2013

La faute de l'abbé Mouret d'Emile Zola

La faute de l'abbé Mouret d'Emile Zola, Livre de Poche, 437 pages

La quatrième de couverture: Serge Mouret est le prêtre d’un village pauvre, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France. Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu’en prêtre. A la suite d’une maladie, suivie d’une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l’amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d’Eden.

Mon avis: Cinquième opus de la série Rougon Macquart, La faute de l'abbé Mouret s'éloigne de la ville pour prendre racine dans la campagne. Là encore, pas de grandes intrigues mais une histoire très simple où les descriptions vont bon train.
Ici, Emile Zola met au premier plan la nature. Nous décrivant avec beaucoup de détails les paysages campagnards, l'auteur use de tout son talent pour nous éblouir. Seulement voilà, la magie n'a pas vraiment opéré sur moi. Au départ, j'ai vraiment apprécié les descriptions, admirant comme à mon habitude le génie de Zola mais point trop n'en faut! A force, les descriptions sont devenues pour moi comme une lassitude. Telle une enfant gâtée, je me suis désintéressée de la stylistique, blasée par cet air de déjà vu agaçant. Je ne nie pas le talent de Zola sauf que là pour moi c'était trop! Trop de descriptions! Trop de métaphores filées et trop de personnages torturés.
Effectivement, en plus de toutes ces descriptions se greffent au milieu les personnages. Au départ plutôt intéressants, je m'en suis également lassée, les trouvant trop gnangnans et trop penchés sur leurs états d'âmes. Par moment, j'avais l'impression d'assister à une tragédie grecque.
Pour moi, La faute de l'abbé Mouret marque un décalage avec les quatre premiers tomes de la série. Plus fleur bleue, plus campagnard, il démontre que Zola peut écrire autrement et sur autre chose que la ville. Néanmoins, ce décalage m'a gêné et m'a empêché de retrouver les repères que j'aimais tant chez cet auteur.
Pour résumer: Bien que déçue par cette lecture, je constate qu'après tant d'année, Zola arrive encore à me surprendre même si pour le coup je n'ai pas vraiment accroché.

Ma note: 6/ 10

Les premières lignes: La Teuse, en entrant, posa son balai et son plumeau contre l'autel. Elle s'était attardée à mettre en train la lessive du semestre. Elle traversa l'église pour sonner l'Angelus, boîtant davantage dans sa hâte, bousculant les bancs. La corde près du confessionnal, tombait du plafond, nue, râpée, terminée par un gros noeud que les mains avaient graissé; elle s'y pendit de toute sa masse, à coups réguliers, puis s'y abandonna, roulant dans ses jupes, le bonnet de travers, le sang crevant sa face large.

mercredi 23 janvier 2013

La conquête de Plassans d'Emile Zola

La conquête de Plassans d'Emile Zola

L'histoire: La famille Mouret vit une petite existence bien tranquille dans la ville de Plassans. Un jour, le mari décide de prendre un locataire pour une des chambres libres de la maison. Ce sera l'abbé Faujas, qui occupera avec sa mère cette pièce aux allures sinistres. Au départ très casanier, l'abbé aura tôt fait de séduire Marthe Mouret et de l'accompagner dans sa foi. Petit à petit, il séduit la population de cette petite bourgade et se lance à sa conquête.
 
Mon avis: Nous revoilà chez les Rougon Macquart et ça fait du bien! Zola nous dépeint ici la vie paisible d'un couple de bourgeois. Comme dans chaque roman de Zola, l'écriture y est délicieuse et les descriptions sont géniales.
J'ai trouvé que contrairement au Ventre de Paris, lu précédemment, ce roman contenait un peu plus de rythme et de suspens. Beaucoup plus prenant, les intrigues qui se nouent entre les différents habitants incitent le lecteur à aller voir plus loin afin de pouvoir constater quel va être le dénouement ultime.
Comme à son habitude, Emile Zola soigne ses personnages avec des descriptions physiques et morales très pointues. Marthe, par exemple, est un personnage fascinant qui connaît durant le roman une évolution surprenante. Son histoire est digne des plus grands écrivains romantiques. En effet, bien que se disant du courant naturaliste, je trouve que dans cet opus l'écriture de Zola se rapproche plus du courant romantique. Le lecteur y trouve moins de description et beaucoup plus de moment mélancolique.
Pour résumer: Encore un bijou pour la série des Rougon Macquart avec laquelle Emile Zola ne cesse de m'étonner.
 
Ma note: 9/ 10
 
Les premières lignes: Désirée battit des mains. C'était une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans.
"Maman, maman! cria-t-elle, vois ma poupée!"
Elle avait pris à sa mère un chiffon, dont elle travaillait depuis un quart d'heure à faire une poupée, en le roulant et en l'étranglant par un bout, à l'aide d'un brin de fil. Marthe leva les yeux du bas qu'elle raccommodait avec des délicatesses de broderie. Elle sourit à Désirée.

vendredi 18 janvier 2013

Le ventre de Paris d'Emile Zola

Le ventre de Paris d'Emile Zola

La quatrième de couverture: Le Ventre de Paris, ce sont les Halles, avec leur « souffle colossal épais encore de l'indigestion de la veille », leurs montagnes de mangeailles, de viandes saignantes, « de choses fondantes, de choses grasses », de « gradins de légumes » d'où montent « le râle de tous les potagers de la banlieue ». « L'idée générale, écrit Zola, est le ventre, la bourgeoisie digérant, ruminant, la bête broyant le foin au râtelier, la bedaine pleine et heureuse se ballonnant au soleil. » Aux « Gras » s'opposent les « Maigres » : Florent, un proscrit du 2 Décembre revenu à Paris qui fomente un complot contre le régime et sera dénoncé par Lisa, sa belle-sœur, une charcutière « au grand calme repu ». Florent retourne en prison et c'est à son ami Claude Lantier, le futur héros de L'Œuvre, que revient le mot de la fin : « Quels gredins que les honnêtes gens ! »

Mon avis: Zola sera toujours Zola. Au fur et à mesure que je découvre la série des Rougon- Macquart, je me sens emportée par cette écriture si particulière.
L'histoire relate des bribes de la vie de plusieurs personnages dont le point commun se trouve être les Halles de Paris. Pas de grandes péripéties, pas de rebondissements permanents, juste des bribes de la vie quotidienne de personnes faisant vivre les Halles à cette époque. Au premier abord, cela pourrait paraître vraiment ennuyeux mais la beauté de l'écriture rattrape rapidement le manque d'action.
Les personnages bien que nombreux ont chacun leurs caractéristiques propres et sont décrits autant physiquement que moralement de façon pointu par l'auteur. Mais, le vrai personnage principal dans ce livre, ce sont les Halles de Paris. A la fois actrices et décor de l'histoire, elles sont présentes en permanence dans ce roman. Le lecteur a tôt fait de comprendre que le ventre de Paris c'est elles. De magnifiques descriptions lui sont consacrées et c'est un véritable bonheur d'en découvrir les tours et détours ainsi que les moindres recoins. Ce qui est ingénieux c'est qu'à travers chaque personnage c'est un nouveau pan de ces Halles qui nous est dévoilé.
Bien évidemment, parler du style de Zola ne peut se faire en quelques lignes. Le ventre de Paris est écrit dans le plus pur style naturaliste renfermant des descriptions bouleversantes et poétiques.
Pour résumer: Un petit bijou de la littérature française.

Ma note: 10/ 10

Les premières lignes: Au milieu du grand silence, et dans le désert de l'avenue, les voitures de maraîchers montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues, dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes. Un tombereau de choux et un tombereau de pois, au pont de Neuilly, s'étaient joints aux huit voitures de navets et de carottes qui descendaient de Nanterre; et les chevaux allaient tout seuls, la tête basse, de leur allure continue et paresseuse, que la montée ralentissait encore.

lundi 9 juillet 2012

La Fortune des Rougon d'Emile Zola

La Fortune des Rougon d'Emile Zola, Folio Classique, 460 pages

La quatrième de couverture: A ce moment, le gendarme Rengarde écarta brusquement la foule des curieux. Dès qu'il avait appris que la troupe revenait avec plusieurs centaines d'insurgés, il s'était levé. Dehors, sa blessure se rouvrit, le bandeau qui cachait son orbite vide se tacha de sang. Sa tête pâle enveloppée d'un linge ensanglanté, il courut regarder chaque prisonnier au visage, longuement. Et, tout d'un coup:
"Ah! le bandit, je le tiens!" cria-t-il.
Il venait de mettre la main sur l'épaule de Silvère. Rengade se tourna vers l'officier, qui n'avait pu trouver parmi les soldats les hommes nécessaires à une exécution.
"Ce gredin m'a crevé l'oeil, lui dit-il en montrant Silvère. Donnez-le moi... Ce sera autant de fait pour vous."

Mon avis: Je me lance enfin dans la lecture de la magnifique fresque sociale d'Emile Zola, les Rougon-Macquart. Voulant faire les choses comme il faut, je me suis donc attaquée au premier opus de cette fresque La Fortune des Rougon.
J'avais déjà lu plusieurs livres de la série mais cela faisait un moment que l'idée de les lire tous et dans l'ordre me trottait dans la tête...
La Fortune des Rougon introduit la généalogie de ce qui sera la famille Rougon-Macquart. Ainsi nous remontons aux origines découvrant que ces deux familles ont un point commun: Adélaïde Fouque. Ancrant les principales caractéristiques de ces deux familles, La Fortune des Rougon est une merveilleuse ouverture à cette fresque qui contient 20 tomes.
Dans ce premier roman, nous assistons depuis Plassans à la révolution qui mettra Napoléon III au pouvoir. Ainsi, à travers le regard des différents personnages, nous découvrons un pan de l'histoire ainsi que les différentes intrigues politiques qui se nouent dans ce petit village. L'intrigue avance lentement et sûrement, mettant l'accent sur la psychologie et les caractères des personnages plus que sur l'action.
Les protagonistes sont vraiment nombreux et j'ai parfois eu de mal à me repérer dans l'arbre généalogique tortueux de cette famille. Heureusement, la solution se trouvait sur la toile à partir de laquelle je me suis imprimée l'arbre généalogique de la famille me permettant ainsi de bien situer tout le monde.
Deux personnages se détachent selon moi dans ce tome. Pierre Rougon, fils d'Adélaïde Fouque et Pierre Rougon, est le premier né de la famille. Personnage avec une grosse ambition, il veut absolument devenir riche et dominer Plassans. C'est un personnage rusé et profiteur qui n'hésite pas à manipuler ses proches pour arriver à ses fins. Il a une véritable obsession pour l'argent.
Le second personnage est Antoine Macquart, fils d'Adélaïde Fouque et de Macquart. Comme vous l'aurez compris, c'est le demi frère de Pierre Rougon. Comme son père Antoine est un ivrogne, grossier et rustre que la vengeance anime.
A travers ces deux personnages, c'est la notion d'hérédité que veut étudier Zola qui se dessine. Ayant lu plusieurs livres de la série, j'ai retrouvé les caractéristiques des deux familles. En écrivant les Rougon-Macquart, Zola voulait prouver l'importance de l'hérédité dans une famille. Il voulait également mettre en avant son style naturaliste. C'est d'ailleurs dès les premières lignes que se dessinent les caractéristiques du genre: des détails, des précisions, des descriptions qui visent à peindre la réalité telle qu'elle est. Malgré de nombreuses descriptions, aucune lourdeur. La langue est soignée et d'une richesse sans nom. C'est un véritable régal.
J'ai également apprécié le traitement des points de vue qui donne du rythme à une intrigue qui avance au final très peu tout le long du livre.
Pour résumer: Un véritable plaisir que je renouvellerai avec la suite, La curée.

Ma note: 9/10

Les premières lignes: Lorsqu'on sort de Plassans par la porte de Rome, située au sud de la ville, on trouve, à droite de la route de Nice, après avoir dépassé les premières maisons du faubourg, un terrain vague désigné dans le pays sous le nom d'aire Saint-Mitre.
L'aire Saint-Mire est un carré long d'une certaine étendue, qui s'allonge au ras du trottoir de la route, dont une simple bande d'herbe usée la sépare. D'un côté, à droite, une ruelle, qui va se terminer en cul-de-sac, la borde d'une rangée de masures; à gauche et au fond, elle est close par deux pans de muraille rongés de mousse, au-dessus desquels on aperçoit les branches hautes des mûriers du Jas-Meiffren, grande propriété qui a son entrée plus bas dans le faubourg. Ainsi fermée de trois côtés, l'aire est comme une place qui ne conduit nulle part et que les promeneurs seuls traversent.

D'autres avis avec: Jenta3 et Pimprenelle

dimanche 1 juillet 2012

L'extrait du dimanche


Et ce dimanche, c'est un extrait de La Fortune des Rougon d'Emile Zola qui vous est présenté.

Un petit plongeon dans la vie des Rougon- Macquart de bon matin, il n'y a que ça de vrai.

La Fortune des Rougon d'Emile Zola, Folio, 460 pages

L'extrait présenté est une assez bonne représentation de la famille Rougon- Macquart. Ici, à travers le regard d'Antoine Macquart, le demi-frère de Pierre Rougon, on voit très bien se dessiner les futures destinés des deux familles. Un passage intéressant et révélateur.

page 168:

Ce qui fit surtout de lui un républicain féroce, ce fut l'espérance de se venger enfin des Rougon, qui se rangeaient franchement du côté de la réaction. Ah! quel triomphe! s'il pouvait un jour tenir Pierre et Félicité à sa merci! Bien que ces derniers eussent fait d'assez mauvaises affaires, ils étaient devenus des bourgeois, et lui, Macquart, était resté ouvrier. Cela l'exaspérait. Chose plus mortifiante peut-être, ils avaient un de leurs fils avocat, un autre médecin, le troisième employé, tandis que son jean travaillait chez un menuisier, et sa Gervaise, chez une blanchisseuse. Quand il comparait les Macquart aux Rougon, il éprouvait encore une grande honte à voir sa femme vendre des châtaignes à la halle et rempailler le soir les vieilles chaises graisseuses du quartier. Cependant, Pierre était son frère, il n'avait pas plus droit que lui à vivre grassement de ses rentes. Et, d'ailleurs, c'était avec l'argent qu'il lui avait volé, qu'il jouait au monsieur aujourd'hui.

dimanche 26 juin 2011

A la conquête des Rougon- Macquart

Grande fan d' Emile Zola, j'ai décidé de me lancer dans la lecture de sa série des Rougon- Macquart. Alors je m'y suis prise dans le désordre le plus total mais bon....
Voici la liste des livres faisant partis de cette série. ceux qui sont barrés sont lus et ceux qui ont écrit "PAL" à côté sont dans ma PAL. Je ferai régulièrement un point sur mon avancée

La fortune des Rougon (PAL)
La curée
Le ventre de Paris (PAL)
La conquête de Plassans
La faute de l'Abbé Mouret
Son Excellence Eugène Rougon (PAL)
L'assommoir
Une page d'amour
Nana
Pot- Bouille (PAL)
Au bonheur des dames
La joie de vivre
Germinal
L'oeuvre (PAL)
La terre (PAL)
Le rêve
La bête humaine
L'argent
La débâcle (PAL)
Le Docteur Pascal ( PAL)