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lundi 14 septembre 2015

Atelier d'écriture (20)

Le lundi c’est atelier d’écriture chez Leiloona du blog Bric à Book. Le principe, écrire un texte à partir d’une photo.


Le vent s’engouffre dans ses cheveux bruns. Il adore l’odeur des embruns et le va et vient des vagues. Il ne sait pas pourquoi mais tout cela l’apaise. Comme un pèlerinage, il revient sans cesse ici. Il se souvient, sourit, pleure, rit. Des gens le regardent d’un air bizarre mais il s’en fout. Déjà, les touristes ont abandonné les lieux, de retour à leur travail, à leur misérable vie. Il jette un regard aux alentours. Du sable à l’infini, au loin un bateau à voile, quelques surfeurs tentent leur chance sur les rouleaux mousseux de la mer. Il réajuste le col de son trench coat noir et se dirige vers une dune. Son cœur tambourine. Chaque année, la même émotion l’étreint. Un mélange d’excitation et de peur. Il se rapproche. Très vite, il sent que quelque chose cloche. La dune pourtant excentrée fourmille de monde. Des policiers semblent s’affairer en tout sens. Le vent souffle plus fort. Il marche d’un pas pressé. Il n’est plus qu’à quelques mètres. Un cordon de sécurité vient finalement lui barrer la route. Quelques badots sont là aussi. Tel des vautours, ils sont venus se repaître du spectacle. En écoutant les conversations, il comprend… La nature l’a trahit, il tend le cou conscient que c’est son dernier pèlerinage. Au loin, il aperçoit les doigts d’Estelle sortir du sable.

Pour découvrir les textes des autres blogueurs, rendez- vous sur Bric à Book.

lundi 7 septembre 2015

Atelier d'écriture (19)

De retour après une petite pause estivale, l’atelier d’écriture fait son grand retour. Pour cette semaine, une image pleine de couleurs qui met du baume au cœur.

Merci à Maman Baobab pour cette photo.

Elle glissa la clé dans la serrure et poussa lentement en place. Elle jeta un regard dans la pièce avant d’y pénétrer. Rien n’avait changé depuis qu’elle avait fermé cette porte il y avait presque deux mois. Le tableau noir fidèle au poste avait les oreilles fermées attendant de rentrer en scène. Les bureaux patientaient sagement, leurs casiers désespérément vides. Elle poussa le lourd sac jusqu’à son bureau de maîtresse et en sortit une plante qui se rajouta aux nombreuses autres. Un peu de gaieté pour ces murs effrités. Puis, elle sortit ses stylos, le bleu, le rouge, le vert et le noir. Tout en s’interrogeant sur ces nouveaux élèves. Elle alla déballer les boîtes de crayons et de feutres. Une odeur de neuf emplissait ses narines. Elle sourit en pensant à tous les dessins colorés qui allaient être faits cette année. Puis vint le tour des cahiers, plaçaient en piles vertigineuses. Des montagnes de couleurs commençaient à envahir le fond de la classe.
En retournant à son bureau, elle pensa à ses anciens élèves. Ceux partis aux collèges l’an dernier, ceux de l’année dernière qui avaient dû bien grandir pendant cet été. Enfin elle pensa à tous ceux qui allaient s’assoir dans ces murs cette année. Soudain, elle se souvint d’une chose et retourna à son sac. Elle y enfonça sa main et en sortit un petit moulin à vent en papiers multicolores qu’elle planta dans son pot à crayons. Une rentrée colorée se préparait. Elle jeta un dernier regard alentour. Tout semblait en place.
La cloche résonna. Elle se dirigea à pas vifs vers l’extérieur. Déjà les parents et les enfants envahissaient la cour de récréation. Des cartables neufs, des « saluts », des « comment tu vas ? », quelques pleurs parfois.
Elle respira profondément. Aurevoir le sable, aurevoir le soleil, aurevoir peau salée. Déjà à travers la porte vitrée, des enfants criés des « Bonjour maîtresse ». Elle passa la porte. Ca y est c’était la rentrée.


Pour lire les autres textes de l’atelier d’écriture, rendez- vous sur le blog Bricabook.

lundi 20 juillet 2015

Une photo, quelques mots (18)


Après une semaine de pause, c'est le retour de l'atelier d'écriture de Leiloona. Le principe: Une photo sur laquelle nous devons écrire un texte. Aucune contrainte stylistique, juste nous et notre clavier.

Cette semaine c'est une photo de Julien Ribot qui nous est proposée.


Il visse sa casquette sur la tête et pénétre dans le petit restaurant de quartier. Ambiance anonyme. Des chaises en formica, un comptoir des plus banal. Sur les tables du ketchup et le menu. Des fleurs sont dans un vase. Elles détonnent dans ce décor sordide. Il jette rapidement un regard dans la salle. Deux hommes dans le fond, un flic au comptoir et la serveuse avec sa cafetière et son uniforme turquoise qui tortille du croupion parmi tout ce petit monde. Il se dirige vers la table la plus proche, la tête basse. Il s'assieds sur un banc, se saisit d'un menu et prend conscience que ses mains sont tâchées. Il les cache rapidement sous la table. Les deux mecs du fond ont un échange qui semble muscler. Le plus grand hausse le ton pendant que le plus petit bombe le torse. Le flic sort finalement un café à la main saluant du menton la serveuse qui lui fait un sourire aguicheur. La télé en fond semble faire un boucan d'enfer. La serveuse s'avance vers lui toute hanche roulante. Elle mâche un chewing-gum de façon provocante.
- Tu veux quoi mon chou?
- Un café.
- Et avec ça?
- Rien.
Elle retourne au comptoir. La télé montre des images d'horreur. Un homme qui sort d'une bijouterie tirant sur tout ce qui bouge. Le journaliste fait état de deux policiers tués et un blessé. Le bijoutier est mort, le butin est énorme. Ses mains tremblent. Soudain, un portrait robot du suspect apparaît à l'écran. Un froid semble s'abattre dans le petit restaurant.
Il regarde autour de lui, la serveuse le fixe. Elle ne semble pas savoir quoi faire. Il se lève lentement. Elle fait non de la tête. Les deux hommes du fond se taisent soudain, comme percevant l'électricité dans l'air. Il sort son calibre de sa poche, le pointe vers les deux hommes, explose la tête de l'un et touche l'autre en plein milieu du bide. Le sang se répand de toute part. La serveuse est là derrière son comptoir tremblante. Il s'approche, la regarde dans les yeux froidement et pointe son flingue sur sa hanche et tire. Elle s'effondre comme une poupée de chiffon en hurlant. Hystérique, elle pousse des cris aigus. 
Il sort d'un pas nonchalant. il voulait juste un café. Finalement, la seule satisfaction de cette journée c'est que la serveuse ne pourra plus rouler du cul.

Les autres textes sont sur le blog Bricabook.

lundi 6 juillet 2015

Une photo, quelques mots (17)



Ça sent bon les vacances ! Pour l’atelier d’écriture de cette semaine Leiloona nous propose une photo estivale, prise par Vincent Héquet.


Je vous rappelle rapidement le principe de cet atelier : une photo, source de nos inspirations. Le texte est libre, il suffit juste qu’il ait un rapport avec la photo prise.
Cette semaine, je vous livre un peu de mon enfance…

Je suis du Sud de la France et je pense en rendre certains jaloux en disant que je vis à seulement à un quart d’heure de la mer. Et bien, je vais vous livrer un secret, je déteste la mer !
Tout a commencé dans mon enfance. Les vacances scolaires étaient l’occasion de se rendre à cette plage si proche. Plage qui nous promettait sur le papier repos et rafraîchissement. Le rituel était toujours le même. Ma mère nous imposait une sieste après le repas afin de nous reposer à la fraîche. Puis vers 15h30, c’était le branle- bas de combat. Enfilage de maillots, empaquetage des serviettes. C’est en général à ce moment là que tout commençait à se gâter… Je revois encore nettement mon père se battre avec le parasol, les chaises pour la plage, les sacs et les thermos pour tout faire rentrer dans la malle de notre voiture. Un chapelet de gros mots accompagnait ses efforts pendant que ma mère lui faisait les gros yeux en nous indiquant ma sœur et moi du menton. Ensuite, venait le trajet en voiture. Au début, ça roulait toujours bien mais forcément qui dit été dans le sud, dit touristes. En général, on se retrouvait coincés dans les bouchons. Fenêtre ouverte, radio en fond sonore, on attendait ainsi de longues minutes pour atteindre le Saint Graal qu’était la mer. Je vous passe les détails de l’épopée pour chercher une place pour se garer…
Bref, une fois sur place, il fallait encore tout sortir de la voiture et tout ramener sur la plage. Chacun avait sa tâche assignée et savait ce qu’il devait prendre. Ma mère se chargeait en général de la glacière et d’un sac, pendant que mon père se chargeait comme un mulet tout en pestant. Le trajet vers la plage était le moment le plus agréable car dans notre utopie quotidienne, nous pensions trouver une place… au bord de l’eau, là où l’eau salée vient nous lécher les orteils. Je crois que nous avons été désenchantés tous les jours des vacances. La plage était en général noire de monde et les gens entassés les uns sur les autres. Une fois que l’on avait trouvé un emplacement, il fallait marquer son territoire au plus vite. Ma mère nous indiquait où étaler nos serviettes, puis nous libérer enfin.
C’est à ce moment là que ma sœur et moi marchions vers la plage pour profiter de la fraîcheur de l’eau tant méritée. Ces moments dans l’eau avec ma sœur et mes parents sont sûrement mes plus beaux souvenirs de vacances et paradoxalement, ce sont aussi les pires. Je me souviens de ma mère et ma sœur jouant à la raquette sur le bord de l’eau pendant que mon père et moi nagions le plus loin possible. Mon père était toujours attentif à ce que je ne me fatigue pas trop pour que je puisse faire le chemin du retour et ma mère nous surveillait discrètement du coin de l’œil.
En sortant de l’eau, nous nous précipitions tous les quatre sur nos serviettes, épuisés mais heureux. Ensuite, il fallait supporter les cris des enfants qui passent en courant et vous jettent du sable dans la figure, la peau qui tire à cause du sel et la brûlure du soleil. Heureusement que j’avais mes livres pour me tenir compagnie. Le retour se faisait vers 18h et le moment de la douche était exquis.
Je déteste la mer et pourtant, lorsque je regarde les photos de mon enfance à la plage, je ne vois que des peaux hâlés et des visages souriants. Je déteste la mer et pourtant, je garde des souvenirs impérissables de ces moments. Je déteste la mer… mais j’adore tous les souvenirs qui font que je la déteste.

J’ai une grosse pensée pour mes parents en écrivant ce texte. Ils sont de super parents et des grands- parents géniaux. Ils ont d’ailleurs amené ma petite Lily à la plage cette semaine et devinez quoi… Elle adore ça !

N'hésitez pas à aller lire les autres textes dont les liens sont sur le blog Bricabook.

lundi 29 juin 2015

Une photo, quelques mots (16)



Après mon absence de la semaine dernière, me voici de retour avec l’atelier d’écriture de Leilonna du blog Bric à Book.
Cette semaine, elle nous livre la photo d’un nouveau photographe Vincent Héquet.

Je trouve cette photo magnifique, le noir et blanc ainsi que l’atmosphère générale, éveillent chez moi divers sentiments.
Je vous livre donc mon texte de cette semaine.

Il faisait nuit. Je tâtonnais désespérément dans la forêt pour trouver le lieu du rendez- vous. J’avais repéré l’endroit de jour mais de nuit, tout s’avérait plus compliqué. J’avais suivi les instructions avec minutie, cherchant la tenue noire idéale. Le plus compliqué avait été de trouver ce foutu masque, mais finalement, la magie d’internet avait fonctionné.
Je continuais à tâtonner me demandant si j’allais finir par rejoindre le cercle. Soudain, au loin, une clarté. J’avançais plus rapidement et débouchais sur une espèce de petite trouée dans la forêt. Des personnes habillées elles aussi en noir été assises sur des troncs d’arbres disposés en cercle. Au centre, un feu gigantesque illuminait l’espace. Un homme, certainement le chef avait des bois de cerf sur la tête. Les regards se tournèrent vers moi.
« Grille-pain » me dit un homme. Je hochais la tête. Quel pseudo ridicule…
L’homme aux bois de cerfs nous invita à nous asseoir autour du feu et il commença à parler.
« Bienvenue aux Serial Killers Anonymes. Je vous rappelle que vous êtes ici dans un cercle de parole sécurisé. Vous pouvez parler de vos doutes, de vos angoisses.
Nous avons été rejoints par Grille- pain qui se présentera plus tard. Écorche- moi n’a pas pu se joindre à nous et s’en excuse. Il dit que son avocat lui déconseille de bouger pour le moment. »
L’homme aux bois de cerf s’assoit. Un autre se lève et se présente. Celui- ci s’appelle Scalpel parce qu’il adore utiliser cet outil pour écorcher ses victimes. Un autre qui est tout petit se présente timidement. De prime abord, on ne dirait pas qu’il prend plaisir à suspendre des gens et à les éviscérer comme des porcs.
Vient enfin mon tour. Je me lève et déglutis péniblement.
« ‘Jour, je m’appelle Grille- pain. Cela va faire trois jours que je n’ai touché à personne et cela commence à devenir long… Je suis obsédé par la caissière de la supérette en bas de chez moi mais j’ai peur que cela rapproche les flics de moi… L’odeur de chair brûlée me manque horriblement et je cherche encore quelle technique fait vraiment cramer la peau…Euh…voilà… »
Je me rassois timidement, presque gêner. Tous me sourient, puis l’un d’entre eux commence à parler.
« Tu devrais essayer le fer à souder, c’est pas mal… »

lundi 15 juin 2015

Une photo, quelques mots (15)


Comme chaque lundi, je laisse libre cours à mon imagination pour l'atelier d'écriture de Leiloona. Cette semaine le support est une photo de Kot.


On était tous là en rond à regarder cette paire d'escarpins d'un air éberlué. Tout le monde était d'accord, cela devait bien finir par arriver...
Nora était une fille plus que coquette. Tous les matins, elle débarquait au bureau pomponnée comme jamais. Petite jupe moulante, chemisier de marques échancré, cheveux savamment coiffés, fond de teint, fards à paupières, blush, mascara, mascara et mascara et un rouge à lèvres rouge vif. Tous les jours, Nora traversait tout le bureau, perchée sur ses hauts talons, distribuant sourires et signes de la main sans se douter que dans son dos, tout le monde se moquait d'elle.
Nora partait en vacances tous les deux mois pendant deux semaines et revenait quelques peu... modifiée. La première fois, ce furent les seins. Puis vinrent le tour des fesses, des paupières, du nez, des pommettes, un ou deux liftings et j'en passe. Notre petit plaisir sadique était de comparer son apparence d'année en année sur la photo de l'entreprise. Finalement, Nora contenait plus de plastique et de silicone que n'importe quel être humain sur la planète. Nora avait énormément de succès avec les hommes jusqu'au lifting de trop...
Un matin, elle a débarqué au bureau après ses deux semaines de vacances complètement métamorphosée. Elle avait opté cette fois ci pour un combo hanches- cou- prothèse de genou....
Et c'est comme ça qu'on s'est retrouvé autour de sa paire de Louboutin en pleine journée. En sortant pour fumer sa cigarette, Nora a été victime de combustion spontanée. En effet, les scientifiques ayant mené l'enquête, on déduit que la trop grande quantité de plastique et de matière chimique que contenait Nora avait pris feu sous la chaleur caniculaire.

N'hésitez pas à aller lire les textes sur le blog Bric a Book.

lundi 8 juin 2015

Une photo, quelques mots (14)


Ce lundi, je rejoins le rendez- vous de Leiloona du blog Bric à Book. Pour rappel, il s'agit d'écrire un texte à partir d'une image.
Cette semaine, c'est Leiloona qui nous propose une de ses photos du pont des arts à Paris.


Lucile sentit le vent frais dans ses cheveux. Paris était beau même la nuit, elle en convenait, mais elle était tellement remplie de rage qu'elle ne voyait pas la beauté de la Seine ni même celle des bâtiments. Elle s'approcha de la rambarde d'un pas décidé et rabattit la capuche sur sa tête. Elle savait où le trouvait et elle savait qu'elle le reconnaîtrait entre mille. Elle se pencha et se mit à fouiller dans l'amas de cadenas. Elle chercha, fébrile, pendant plusieurs minutes. Des larmes de rage lui brouillaient la vue. Au moment, où elle pensait ne pas le trouver, son regard se posa dessus. Elle le saisit vivement. Le contact du métal froid la rappela à une réalité lointaine.
Elle se souvint du jour où, tous les deux sur ce pont, ils s'étaient jurés de s'aimer pour toujours. Elle revit le regard qu'il lui avait lancé, elle sentit à nouveau son parfum, la chaleur de ses bras. 
Elle s'essuya les yeux du revers de la manche. ne pas flancher... Mais ce maudit bout de métal semblait vouloir l'envoûter.
Elle se souvint, du cadenas qu'il avait sorti de sa poche, lui expliquant ce que cela allait symboliser. La joie qu'elle avait ressenti à ce moment là, elle la ressentirai à nouveau pour leur mariage. Il s'était penché sur le pont et avait accroché le cadenas sur lequel il avait pris soin de graver leurs initiales. puis il avait jeté les clés dans la Seine. Elle avait aimé ce geste...
Elle saisit le cadenas plus fermement et commença à s'acharner dessus avec des tenailles.
Elle se souvint de l'autre parfum sur sa chemise, des factures pour un bouquet dont elle n'avait jamais reçu les fleurs, de l'étrange regard de son mari, de ces disputes, puis du jour où arrivant "trop tôt" elle avait découvert sa sœur le chevauchant.
Le cadenas était bien trop fragile et il céda facilement sous les puissantes tenailles. Cela lui fit tout drôle de se retrouver avec ce tout petit bout de métal froid dans la main. Ce tout petit bout d'eux qui était du passé. Elle respira profondément, embrassa le petit cadenas et le jeta dans le fleuve. Elle observa longuement son mariage coulait. 
Sa nouvelle vie commençait aujourd'hui.

N'hésitez pas à aller lire les autres textes sur le blog de Leiloona.

lundi 25 mai 2015

Une photo, quelques mots (13)


 Le principe de l'atelier est simple, une photo sur laquelle nous devons laisser notre imagination vagabonder. Ce rendez- vous nous est proposée par le blog Bric à Book.
Cette semaine, c'est une photo de Marion Pluss.


Il aimait faire rire les enfants. Il aimait voir leurs visages s'illuminer.
 C'est pour cela qu'il prenait tant de soin à se préparer. Avant chaque représentation, c'était le même rituel. D'abord le caleçon XXL, puis le pantalon coloré. Le tee-shirt aux multiples poches et le gilet d'apparat. Enfin, le maquillage, appliquer le blanc sur tout le visage et le cou en prenant bien soin de n'oublier aucun recoin. Puis le rouge, deux ronds sur les joues et un peu sur le nez. Il avait toujours répugné les clowns avec de grosses perruques synthétiques et avait décidé de simplement mettre un chapeau. Avant chaque représentation, il se regardait une dernière fois dans le miroir en pied de sa caravane. Puis il caressait la photo de sa femme, celle de son fils, faisait un signe de croix et sortait d'un pas décidé. Toujours le même trajet. Traverser la ronde des caravanes avant de rentrer par l'arrière du chapiteau. Respirer à fond, attendre qu'on l'annonce... Aujourd'hui, était pour lui un jour particulier. L'émotion étreignait sa gorge. Il se concentrer sur son numéro pour ne pas que les larmes se mettent à couler.
Il aimait faire rire les enfants. Il aimait voir leurs visages s'illuminer. 
Il entendit son nom de scène résonner dans le cirque et pour la dernière fois, il s'élança sur la piste.

Vous pouvez découvrir les autres textes se trouvent sur le blog de Leiloona.

lundi 4 mai 2015

Une photo, quelques mots (12)

Cette semaine, comme chaque semaine, Leiloona nous propose une photo au support de notre imagination. La photo est de Julien Ribot et j'avoue avoir pas mal cogité avant de trouver un peu d'inspiration.




CASSANDRE: EPISODE 9

Les épisodes précédents:
Episode 1
Episode 2
Episode 3
Episode 4
Episode 5
Episode 6
Episode 7
Episode 8


Je regarde les deux hommes d'un air ahuri. Je n'ai pas le temps de me remettre de l'information que Lucas continue son récit.
"- Lorsque Hitler a commencé à vouloir diffuser ses idées de races, une petite poignée de scientifiques menée par toi a décidé de démentir et de démonter toutes les thèses du Fürher. Forcément, il n'a pas du tout aimé cette rébellion scientifique, surtout lorsque tu as commencé à paraître régulièrement dans les journaux. Hitler a décidé de contre- attaquer. Il nous a enlevé, nous a séquestré et nous a torturé. Nous avons tous été torturés sauf... toi. Le Fürher voulait que tu assistes à toutes nos tortures. Il voulait que tu changes d'avis mais il ne voulait pas abîmer ta jolie personne. Tu nous as regardé jour après jour souffrir. Les bourreaux de Hitler ont beaucoup d'imagination tu sais. Ils nous ont brisé les doigts avec des marteaux, ils nous ont percé de toutes part avec des tournevis. Ils ont utilisé ses instruments sur nous et jamais ils n'ont ébranlé tes convictions malgré nos hurlements et nos supplications. Alors, ils sont passés à la vitesse supérieure...
Lucas marque une pause et m'observe. Il ne semble pas pouvoir continuer et se tourne vers Nathan. Ce dernier prend le relais.
-Hitler avait une certaine fascination pour la vie éternelle et aussi beaucoup d'imagination. Il a donc profité de petite poignée de scientifique qu'il avait sous la main pour mener son expérience à bien. C'est ainsi que nous avons été tous les cinq remis sur pieds puis cryogénisés pour être réveillés ensuite quelques années plus tard..."


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lundi 27 avril 2015

Une photo, quelques mots (11)

Cette semaine comme toutes les semaines, je participe à l’atelier d’écriture de Leiloona. Le principe est simple : une photo et notre imagination comme arme.

Ce lundi, c’est Julien Ribot qui nous livre une photo en noir et blanc.

Audrey n’aurait loupé pour rien au monde sa séance hebdomadaire de jogging. Le vent lui fouettait le visage, son souffle régulier l’apaisait. Chaque fois qu’elle entrait dans ce parc, tous ses soucis s’envolaient. Oublié le patron un peu trop « prévenant », oublié sa mère malade, oublié le mec minable qui ne l’a rappelé pas. Elle vissa les écouteurs dans ses oreilles, noua ses cheveux blonds et commença à courir à petites foulées. Elle allait passait par le petit lac. Ce coin était fabuleux en plein automne avec cette multitude de feuilles multicolores. Audrey s’engagea dans le petit chemin. Au tournant, elle se sentit déjà plus légère.
Il adorait l’automne, les feuilles couleurs ocres encore indécises qui ne savaient pas si elles devaient tomber ou résister encore un peu. Il aimait cette idée de résistance. Il aimait cette odeur de terre humide. Etre assis dans ce parc lui faisait oublier tous ses soucis. Il revoyait la jeune femme blonde arriver en trottinant, les joues un peu rouges. Tout était allé si vite. Il s’agenouilla dans le nid de feuilles mortes. Il caressa la joue qui commençait à devenir froide. Puis d’un geste précis rabattit la terre sur le visage inerte. Il rajouta un peu plus de feuilles, se leva et observa le petit lac calme. Il inspira profondément et s’engagea sur le petit chemin. Au tournant, il se sentit déjà plus léger.

PS : Je crois qu’il faut que j’arrête de lire des thrillers…


Je vous incite à aller lire les autres textes sur le blog Bric à Book.

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lundi 20 avril 2015

Une photo, quelques mots (10)

Comme chaque lundi, voici le retour de l'atelier d'écriture de Leiloona. Je prends toujours autant de plaisir à écrire les textes et à lire les productions des autres blogueurs. Il est parfois surprenant de voir qu'une photo puisse amener tant d'issues possibles. Le pouvoir de l'imagination humaine est vraiment sans limite.
Cette semaine, c'est une photo de Kot qui est proposée comme source d'inspiration. pour illustrer cette photo, je vous livre la suite de Cassandre.




CASSANDRE: EPISODE 8

Les épisodes précédents:
Episode 1
Episode 2
Episode 3
Episode 4
Episode 5
Episode 6
Episode 7


Je suis folle de rage et les deux hommes s'échangent des regards gênés. Je me retourne vers la pièce et balaie du regard les murs Toutes ses photos de moi. Moi dans la rue, moi entrain de rire, moi assise derrière un bureau l'air sérieux. Une autre photo m'interpelle, on dirait qu'elle est prise dans le métro. Je suis assise entrain de lire un livre tranquillement alors qu'un homme que je reconnais être Lucas est assis juste derrière moi. Il me regarde de façon intense. Cette photo me met mal à l'aise. L'ambiance de la photo est presque glauque, on dirait que la photo a été prise au démarrage de la rame. Une autre chose me perturbe dans toutes ces photos. Aucune ne semble avoir été prise à la même époque et pourtant je suis partout! La première idée qui me traverse l'esprit est que Nathan et Lucas sont des harceleurs. Autant de photos d'une même femme dans une si petite pièce c'est forcément louche. Lucas s'approche de moi et me met la main sur l'épaule. Je bondis en arrière et lui hurle:
-"QUI ETES- VOUS?
- Tu devrais t'asseoir Cassandre. Me suggère Nathan en approchant.
Tout d'un coup, je me sens comme dans une souricière. Je suis la souris et les deux hommes sont des chats. Je me mets dans un coin de la pièce.
- Je vais hurler tellement fort que des gens vont venir et vous serez dans la merde grave les gars! J'essaie de les impressionner mais Nathan et Lucas ne semblent pas paniquer.
- Sois raisonnable Cassandre. Je te connais depuis longtemps et je sais très bien que tu as envies d'en savoir plus. Dis Nathan en éteignant sa cigarette dans un cendrier plein.
- Je t'en pries, écoutes nous! Si tu sors d'ici tu seras en danger et je ne veux pas te perdre à nouveau.
Son regard est suppliant, son regard qui me rassure. Je jette un œil sur la photo du métro. Même sur cette photo on sent que Lucas m'aime.
Je m'avance, prends la chaise qui est dans un coin et m'assoies, prête à les écouter. Nathan et Lucas se regardent. Nathan fait comprendre à Lucas qu'il lui laisse la parole. Ce dernier respire à fond et se lance.
- Le 30 janvier 1933, en Allemagne, un jeune homme du nom d'Adolf Hitler accède au pouvoir. Il inculque à tout un peuple des idées autour du principe de race.
Je coupe illico Lucas.
- Je sais qui est Hitler, merci!
- Oui, mais le problème, c'est que lui aussi te connaît..."


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lundi 13 avril 2015

Une photo, quelques mots (9)

Comme chaque semaine Leiloona nous offre une magnifique photo support à notre imagination. cette semaine la photo est de Julien Ribot.


CASSANDRE: EPISODE 7

Les épisodes précédents:
Episode 1
Episode 2
Episode 3
Episode 4
Episode 5
Episode 6

" Comment ça ON est dans la merde? Je ne fais pas partie du ON moi!" Je m'exclame.
Nathan et Lucas échangent un regard.
"- Je crois qu'il faut qu'on lui montre... Déclare Nathan.
Lucas me regarde, il semble hésiter.
- Elle n'est pas prête!
- On n'a pas le temps qu'elle soit prête!"
Les deux hommes se regardent, se défiant du regard. Je me sens de trop. Soudain, Lucas semble céder.
"Suis-nous." Lance t-il.
Je me lève et les suis dans un long couloir. Ils s'arrêtent devant une porte. Ils semblent hésiter.
"- Il faut que tu saches qu'une fois cette porte ouverte, il n'y aura pas de marche arrière possible. Une fois que cette porte sera ouverte, ta vie sera définitivement changée! Me dit Lucas.
- Quelle vie? Je me suis réveillée hier matin sur un banc en ne me souvenant de rien! Je n'ai PAS de vie! Lui rétorquais-je.
- Pas faux!" Réponds Nathan en s'allumant une cigarette.
Les deux hommes s'écartent et me laissent devant la porte. Ils se placent derrière moi et attendent. Je sens bien que la balle est dans mon camp. J'hésite un instant puis me dis que rien ne peut être pire que ce que j'ai vécu ces dernières heures.
Je baisse la poignée et pousse la porte. Je sens la tension qui règne entre Nathan et Lucas. Ils retiennent leur souffle. Lorsque la porte s'ouvre, je pénètre dans la pièce d'un pas hésitant. La pièce est petite et baignée de lumière. Des photos et articles de journaux sont accrochés au mur. Comme il n'y avait pas assez de place, les hommes ont tendu des cordes à linge en travers de la pièce. Des milliers d'épingles flottent dans les airs. Des épingles multicolores qui maintiennent des photos et des articles. La multitude de couleurs devrait égayer la pièce, pourtant l'ambiance est lourde. Je m'approche des murs, des photos, lis quelques articles. La peur m'envahit. Des photos de moi... Moi en habit d'époque, souriante. Moi déguisée en hippie. Moi entourée de gens. Moi avec Lucas, nous échangeant un regard énamouré. Je commence à avoir du mal à respirer. Tout d'un coup, mon regard se pose sur un article de journal accroché au mur. Je l'arrache du mur. Je lis "Nous sommes tous pareils, le concept de race est absurde". L'article est daté de 1942, sur la photo qui se joint au texte, on me voit entourée de Lucas, Nathan et de cette femme morte sur le banc. Je lis la légende tremblante: "Le docteur Friedrich Cassandre et son équipe".
Je me tourne vers Lucas et Nathan et leur dis:
"Il va falloir m'expliquer ça!"

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lundi 6 avril 2015

Une photo, quelques mots (8)

De retour avec l'atelier de Leiloona. Le principe, une photo qui est la base de notre texte de la semaine. Pas de thème imposé, pas de contrainte stylistique.
Voici la photo de la semaine prise par Leiloona:

CASSANDRE: EPISODE 6

Les épisodes précédents:


Nous courons encore quelques mètres puis l'homme m'entraîne vers une porte cochère. Il tape un code rapidement puis m'entraîne dans le hall d'entrée. Une rangée de boîtes aux lettres se présente  à nous. Il continue à m'entraîner et nous grimpons les escaliers au pas de course pour finalement finir dans un appartement. Sans m'adresser la parole, l'homme me lâche la main sitôt la porte passée et verrouillée. Il m'abandonne ainsi dans une grande pièce au décor sommaire. Le strict minimum remplit la pièce. Un canapé gris, une table basse, une télé, une table et quatre chaises. Des rideaux épais encadrent les fenêtres et des dizaines de photos sont accrochées au mur. J'entends l'homme qui se déplace dans mon dos mais ne m'en inquiète pas. Sans savoir pourquoi, j'ai confiance en lui et ici je me sens en sécurité. Mon regard tombe sur une photo en noir et blanc. Je reconnais les lieux de suite. Cette grande roue, cette statue qui surplombe les gens. Des souvenirs heureux me reviennent, les premiers depuis mon réveil. Moi posant sous la statue en l'imitant. Moi dans la grande roue entrain de rire les joues rongées par le froid de l'hiver. Un sentiment de plénitude m'envahit. Puis je me souviens de celui qui m'accompagnait dans ces moments, cet homme qui me serrait dans ses bras alors qu'assise dans la nacelle je grelottais et poussais de petits cris d'excitation.
"C'est là où nous nous sommes rencontrés".
Je me retourne et observe l'homme silencieusement, attendant qu'il m'en dise plus.
" Je ne sais pas si tu te souviens... Nous avons tellement de mal à nous souvenir... Parfois, cela revient comme un flash, parfois une photo suffit à réveiller notre mémoire.
Tout en me parlant, il me sert une tasse de café. Je m'assois à table et l'observe. Il me sourit l'air gêné.
- Tu ne sembles pas te souvenir de moi en tout cas... Je m'appelle Lucas. Nous nous connaissons depuis longtemps... Depuis plus longtemps que ce que tu ne peux imaginer...
- Combien de temps?
- A peu près 75 ans... Il dit ça d'une voix sourde.
C'est impossible... Je dois avoir à peine 30 ans, je ne peux pas le connaître depuis 75 ans... J'ai à peine le temps de digérer et analyser l'information qu'un autre homme entre en trombe dans l'appartement.
" Lucas! Agnès est morte!" Il hurle cette nouvelle puis son regard se pose sur moi. Il se fige: "Cassandre..." Sa voix qui avait transpercé le silence semble maintenant un murmure.
Lucas dit alors:
"Cassandre, je te présente Nathan."
Tout d'un coup, l'évidence me frappe, Lucas, Nathan, Agnès et Cassandre, ces noms étaient gravés sur l'arbre à côté du banc où je me suis réveillée. Je regarde les deux hommes devant moi. Nathan se tourne vers Lucas et dit:
"Maintenant on est vraiment dans la merde!"


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lundi 16 mars 2015

Une photo, quelques mots (7)

Comme chaque lundi, je me plonge avec délectation dans l’atelier d’écriture de Leiloona.
Cette semaine la photo est de Diane et la voici :



Comme vous devez l’imaginer avec une photo pareille, écrire la suite de Cassandre est un peu compliquée donc je la mets en pause pour cette semaine et je vous livre un texte d’un autre genre.

Je me sentais vieille, je me sentais mal. Divorcer à 40 ans, c’est pas vraiment le but ultime d’une vie. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule comme une conne dans un petit appartement miteux à bouffer de la glace et à chialer devant Dirty Dancing. Paul n’aimait plus mes bourrelets, il n’aimait plus ma cellulite, ni mes vergetures et moi non plus d’ailleurs. Au bout de quelques mois, j’ai repris les choses en main. J’ai jeté les milliers de mouchoirs qui traînaient sur le canapé, j’ai pris une douche, je me suis fait épiler comme jamais, je suis allée chez le coiffeur et je suis partie en voyage avec le Club Med ! J’aurai pu aller chez un psy mais franchement je serai revenue moins bronzée. Là- bas, j’ai vu des paysages magnifiques, je me suis prélassée et j’ai rencontré Pablo. Lui, il aimait mes bourrelets, il s’y cramponnait lorsqu’il me culbutait. Il aimait ma cellulite et il me le montrait en me la léchant jusqu’à remonter à mon entre- jambe. Il aimait mes vergetures et celles qu’il préférait, c’était celles de mes seins qu’il suçotait à tout va.
Pablo a changé ma vie, il m’a rendu belle à nouveau. Je me souviens d’une fois où nous marchions sur la plage. Tout était désert, seule une barque traînait là sur le bord. Il m’a regardé d’un air entendu m’a pris par la main et m’a entraîné dans le petit bateau. C’était une de ses barques colorées à la peinture qui s’écaille. Pablo a soulevé lentement mon paréo et a fait glisser ma culotte. Il est remonté lentement en me faisant des baisers légers sur une jambe puis sur l’autre. Il a passé un coup de langue avide sur ma partie intime et m’a attrapé un sein qu’il a serré fort. Je me suis mise à gémir instantanément en me tordant. Ni une ni deux il est remonté jusqu’à mon nombril, y a glissé sa langue et a continué ainsi jusqu’à mes tétons. Pendant plusieurs secondes, il a suçoté, mordu et léché jusqu’à ce que je me cabre. J’ai voulu le dominer un peu mais il a attrapé mes mains et les a attaché avec la corde qui traînait dans le fond du bateau. Je ne pouvais plus le toucher. J’étais là, victime consentante à appeler son membre durci dans ma chair. Il m’a regardé dans les yeux et m’a pénétré brutalement. Sa respiration s’est accéléré allant au rythme de ses coups. Puis tout d’un coup, un râle, un gémissement, puis plus rien…. Pablo gisait sur moi, inerte….
C’est seulement quelques heures plus tard qu’un couple de japonais nous a trouvé ainsi, alerté par mes cris. Quelle ne fut pas leur surprise de trouver dans ce petit bateau de pêche pittoresque une femme nue sous un vieil  homme sans slip, mort.

Le médecin légiste a conclu à une crise cardiaque due à un effort intense pour les 75 ans de Pablo. En effet, pour son âge, cette culbute était l’effort de trop…

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lundi 9 mars 2015

Une photo, quelques mots (7)

Cette semaine, je reviens avec l'atelier de Leiloona qui consiste à écrire un texte sorti de notre imagination à partir d'une simple photo.

La photo de cette semaine est signée Marion Pluss et la voici:

Et voilà ma contribution:


CASSANDRE: EPISODE 5

Les épisodes précédents:
Cassandre: Episode 1
Cassandre: Episode 2
Cassandre: Episode 3
Cassandre: Episode 4


Je marche à vive allure vers l'homme qui me fuit. Il court plus qu'il ne marche tout en jettant des regards par dessus son épaule et j'ai du mal à le suivre. Je vois son dos et ne le quitte pas des yeux. Marcher plus vite, le rattraper, lui parler. Cette idée m'obsède! Je me souviens de cet homme maintenant... Dans mon rêve, ce regard, ce visage... Il FAUT que je le rattrape. Alors que je commence à réduire la distance qui nous sépare, je repère deux hommes debouts à une terrasse. Les deux gaillards ont une allure de motard. Veste en cuir pour l'un, veste en jean pour l'autre. Une barbe épaisse mange leur visage. Sous leurs lunettes de soleil, on sent bien qu'ils guettent l'horizon. Alors que le cuir semble impassible et sérieux, le jean rit à gorge déployée avec un verre à la main. Son regard se pose sur moi, il soulève ses lunettes, pose son verre sur le comptoir et tape sur l'épaule de son copain. Le cuir m'a aussi repéré et je lis sur ses lèvres un "putain" de stupéfaction. 
Je réagis vite et accélère encore le pas, alors que les deux motards se lancent à mes trousses. J'oublis instantanément l'inconnu et me mets à courir à toutes jambes. Cuir et Jean sont plus rapides et me rattrapent en seulement quelques secondes. L'un m'attrape l'autre me plaque contre le mur dans une ruelle. J'hurle.
"Tu es vilaine Cassandre! Tu n'écoutes pas ce qu'on te dit!"Me chuchote Cuir en m'empoignant le menton. Je me débats. Je sens ses doigts dans ma chair et son contact me dégoûte.
- Vous êtes qui? Je lance dans un regain de courage.
- Ca ne te regarde pas! Lance Cuir.
- Marc a merdé. Dit Jean. Cuir lui jette un regard furieux!
- Ta gueule ducon!"
Marc?! Qu'a- t-il à voir avec cette histoire? Je n'ai pas le temps de poser ma question que Jean s'effondre suivi d'un Cuir surpris. Je regarde les hommes à mes pieds, tremblante, et relève les yeux. Il est là, mon inconnu. Il me tend la main et nous nous éloignons en courant de ce lieu. Cette scène a un air de déjà vu.


Merci pour votre passage sur mon blog.
N'hésitez pas à aller voir les autres textes sur le blog de Leiloona.

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lundi 23 février 2015

Une photo, quelques mots (5)

Après une semaine d'absence, revoilà l'atelier d'écriture de Leiloona. La règle est simple: une photo sur laquelle on doit écrire un texte. Peu importe la forme, la longueur... le but, c'est de s'amuser avec notre imagination!

Voici la photo de cette semaine:


Merci à Romaric Cazaux pour cette photo

CASSANDRE: EPISODE 4



Ne pas se retourner, marcher vite sans hésitation. Se diriger vers la sortie et monter dans un taxi.
"Au Plateau des poètes s'il vous plaît".
Le chauffeur démarre en trombe. J'ai à peine le temps de voir Marc qui sort de l'immeuble complètement interloqué.
Les rues défilent. Je me fais toute petite dans le siège arrière. Retourner où la journée a commencé, c'est encore le mieux. Le chauffeur se gare, je le paie et sors. Le vent frais cingle mon visage. Je regarde aux alentours et repère l'entrée du parc mais...quelque chose cloche.
Des voitures de police sont garées à l'entrée, gyrophares allumés. Je presse le pas. Rentre dans le parc et me dirige vers le banc où je me suis réveillée il y a seulement quelques heures. Une foule s'est massée de ce côté. Je dois même jouer des coudes pour atteindre un cordon de sécurité qui a été tendu tout autour d'une zone. Au centre, de cette zone, mon banc... et sur mon banc, une femme endormie...
Elle a l'air apaisé, le visage blanc. Elle porte une jupe courte et sa position dévoile ses jolies jambes. Une main pend nonchalamment. Quelque chose me dérange dans ce spectacle. Soudain, je comprends. La tâche brune qui s'étale sous le banc... Cette femme ne dort pas...
Je retiens un haut le coeur. Je vois distinctement son visage, il ne me dit rien. Quatre policiers sont autour d'elle, l'air perplexe. On dirait qu'ils ne savent pas par où commencer. Les bras ballants, le regard vide, ils sont là en rond autour d'elle, comme une veillée funèbre. L'un d'eux s'écarte du groupe et vomit pendant qu'un autre se penche sur le visage assoupi. Je décide de me rapprocher au maximum.
Après quelques minutes, j'aperçois maintenant nettement la victime. Je ne peux m'empêcher de me dire que cela aurait pu être moi sur ce banc ce matin. Je regarde aux alentours et aperçois l'arbre. Un nom a été barré: Agnès. J'étais là il y a quelques heures et je sais avec certitude que ce nom était intact sur l'arbre ce matin. Je lève les yeux et je le vois.
Au milieu de la foule, son regard triste détonne. Il porte une veste, un pull et un jean délavé, ce ne sont pas les mêmes vêtements mais, ce regard je le connais. Il lève les yeux m'aperçoit et se fige. La surprise se peint sur son visage, puis de la frayeur. Il tourne précipitamment les talons et tente de se frayer un chemin parmi les badauds. Je décide de le suivre mais j'ai beau jouer des coudes la foule qui s'est massée autour de la dormeuse semble vouloir m'engloutir. Je l'aperçois encore. Ce dos... Quand j'ai le champ libre, je le vois tourner à l'angle d'une rue. Mon téléphone sonne, je décroche machinalement.
"-Allô!
- Que fais- tu là Cassandre?"
La voix est menaçante et le numéro inconnu. Je regarde autour de moi, déglutis, raccroche et jette le téléphone dans la poubelle la plus proche.

N'hésitez pas à donner votre avis et à aller découvrir les autres textes dont les liens sont sur le blog Bricabook.

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